Sur le dossier, un nom. Dans la réalité, c’est parfois plus trouble. Savoir qui est vraiment la personne de confiance est l’un des dilemmes les plus délicats du soin à domicile, et il faut le dire : l’infirmière n’est ni gendarme ni enquêtrice.
Le papier ne dit pas tout
Une personne peut être désignée « de confiance » et ne pas l’être dans les faits : absente, dépassée, parfois captatrice. On le pressent, sans toujours pouvoir le prouver. Or votre rôle n’est pas d’enquêter : c’est de soigner, repérer, documenter et signaler.
Des limites qu’il faut assumer
On se heurte à des situations d’une grande complexité : un conjoint violent qui ne quitte jamais la pièce pour qu’on ne puisse pas parler seule à la patiente ; des signalements sans retour, dont on ignore la suite ; le sentiment d’être seule face à l’indicible. Dans ces cas, on se recentre légitimement sur l’urgent et le vital, et on transmet.
Un paradoxe qui en dit long
On a parfois accompagné une personne pendant quinze, vingt ans. Et pourtant, la loi (article 909 du Code civil) interdit à l’infirmier de recevoir un don ou un legs d’un patient soigné pendant sa dernière maladie. Résultat : il est plus simple pour une personne âgée de léguer à une association qu’à la soignante qu’elle chérit. C’est une protection contre la captation d’héritage, et elle rappelle une vérité : notre place est celle du soin, pas de l’héritage. Et c’est très bien ainsi.
Des rôles clairs, des limites assumées
La personne de confiance est née avec la loi du 4 mars 2002, puis étendue au secteur médico-social en 2015 et confortée en 2016 ; les directives anticipées ont été rendues contraignantes par la loi Claeys-Leonetti du 2 février 2016. La protection tient quand chacun sait ce qui est le sien : la personne décide, la personne de confiance témoigne de sa volonté, la famille porte les démarches, le soignant soigne, repère et signale. Assumer ces limites n’est pas renoncer : c’est protéger sans se substituer, ni s’épuiser. Synergie Soins® aide à clarifier ce « qui est qui » : identifier la personne de confiance, savoir qui consulter, tracer une inquiétude et l’alerter à la bonne personne, dans un cadre sécurisé, conforme au RGPD et à la certification HDS, données hébergées en France. C’est un outil de communication et de coordination : ce n’est ni un dossier de soin, ni un service d’urgence.
Questions fréquentes
L’infirmière doit-elle vérifier qui est la « vraie » personne de confiance ?
Non. Son rôle n’est pas d’enquêter mais de soigner, repérer, documenter et signaler un doute à la bonne personne. La désignation relève du patient ; la vérification, d’autres acteurs.
Une infirmière peut-elle recevoir un legs d’un patient ?
Non. L’article 909 du Code civil interdit aux professionnels de santé de recevoir dons ou legs d’un patient soigné pendant sa dernière maladie. C’est une protection contre la captation d’héritage.
Que faire quand on ne peut jamais parler seule au patient ?
On trace la difficulté, on se recentre sur l’urgent et le vital, et on transmet au médecin et à la coordination. On ne reste pas seule avec un doute.
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Votre repère offert : « Personne de confiance : mon rôle, mes limites »
Ce qui relève de vous et ce qui n’en relève pas, l’article 909 expliqué clairement, les bons réflexes face à un doute : un repère pour rester à votre juste place.
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Sources : loi du 4 mars 2002 (personne de confiance) ; extension médico-sociale (2015) ; loi Claeys-Leonetti du 2 février 2016 (directives anticipées contraignantes) ; article 909 du Code civil (incapacité de recevoir dons et legs pour les professionnels de santé). Information générale, pas un conseil juridique.
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