« De toute façon, il est sous forfait, je ne peux plus rien coter d’autre. » Combien de fois entend-on ça entre consœurs ? C’est l’une des croyances les plus répandues — et l’une des plus coûteuses. Non, le forfait BSI ne te piège pas. La dépendance (ton forfait) et la maladie (tes soins techniques) ne s’annulent pas : elles s’additionnent.
Ton point de départ : le forfait, ta base
Depuis le 3 octobre 2023, le BSI a remplacé les AIS : les soins de base sont compris dans le forfait. Selon la charge, tu comptes un seul forfait par jour :
- BSA (charge légère) : 13,00 €
- BSB (charge intermédiaire) : 18,20 €
- BSC (charge lourde) : 28,70 €
Règle d’or : 1 forfait / jour / patient / 1 seul IDEL, toujours facturé entier — il ne se décote jamais. Et attention au raccourci : le forfait ne couvre pas « la toilette ». Il rémunère tout ton rôle propre — c’est-à-dire tout soin qui répond à la perte d’autonomie de ton patient, tout ce qui, si tu ne le faisais pas ou ne le planifiais pas, l’empêcherait de rester chez lui : hygiène, préparation des traitements, surveillance, prévention, éducation, accompagnement relationnel, coordination. Ça, c’est ta base. Tout se joue sur ce que tu ajoutes par-dessus. (On détaille tout ça dans l’article « Ce qu’est vraiment le BSI ».)
Le mythe qui te fait travailler gratuitement
On a laissé croire à beaucoup d’entre nous qu’une fois le patient « en dépendance », le forfait « englobait tout ». C’est faux, et c’est précisément là qu’on se sous-cote sans le savoir. Le forfait ne compte que trois niveaux (BSA, BSB, BSC) : il ne reflète pas la lourdeur des soins techniques que tu réalises en plus. Si tu crois qu’il les inclut, tu offres chaque jour des actes qui se cotent.
La clé tient en trois lettres : AMX
Un acte se cumule uniquement s’il est coté AMX. C’est le seul réflexe de départ.
- Non-AMX (AMI compris) → dans le forfait : pansement simple, soins d’hygiène, pilulier, pose/changement de sonde.
- AMX → ça se cumule par-dessus le forfait.
Un exemple qui parle : ton patient est en BSC, et tu assures la surveillance d’un insuffisant cardiaque (AMX 5,8). Cet acte ne disparaît pas dans le forfait : il se cote à 100 % en plus. Pareil pour un pansement lourd et complexe, une perfusion, un prélèvement sanguin, une vaccination. La dépendance n’a pas effacé la maladie — elle est juste posée en dessous.
Ce que je veux te dire, comme formatrice
Si personne ne te l’a montré, ce n’est pas ta faute. On forme peu à la cotation, et le BSI est arrivé avec son lot de discours confus — au point que beaucoup d’infirmières ont cru y être « piégées ». Tu ne l’es pas. La nomenclature évolue, les avenants se succèdent, et d’autres ajustements sont attendus ; mais le principe, lui, ne bouge pas : le forfait est ta base, et tes soins techniques se cotent en plus. Coter juste, ce n’est pas sur-coter : c’est simplement ne plus travailler gratuitement.
Pour l’avoir toujours sous la main : l’ebook « Cumule ou pas cumule ? » te donne la méthode complète en 4 principes — ce qui est compris, ce qui se cumule, à quel taux, avec les cas pratiques. Reçois-le gratuitement : je m’inscris ici pour le recevoir →.
Et pour aller plus loin, en direct : chaque jour à 14 h, un webinaire de cotation où l’on décortique ensemble ce genre de situations — et tu peux même y proposer tes propres sujets. Inscris-toi : je réserve ma place au webinaire →.
Sources : Assurance maladie — NGAP, forfait BSI (bilan de soins infirmiers), en vigueur depuis le 3 octobre 2023 (ameli.fr). Ressource pédagogique ; montants, coefficients et règles indicatifs, à vérifier sur la NGAP en vigueur. Ne te sous-cote plus.
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