Aider quelqu’un à se lever sans se casser le dos : les bons gestes

On peut réduire énormément le risque de mal de dos rien qu’en changeant sa façon de faire. Pas besoin d’être costaud : un transfert réussi, c’est d’abord une question de technique et de préparation, pas de force. Voici les principes qui protègent votre dos — que vous soyez aidant, auxiliaire de vie ou soignant.

Avant de soulever : préparer

La moitié du travail se joue avant le geste.

Mettez le lit à bonne hauteur (à hauteur de vos hanches) pour ne pas vous pencher. Dégagez l’espace : pas de tapis, de fils, de chaussures qui traînent. Bloquez les freins du lit et du fauteuil. Portez des chaussures fermées et stables. Et placez le fauteuil du bon côté, au plus près, pour raccourcir le trajet.

Un transfert préparé est un transfert à moitié réussi.

Les principes qui sauvent le dos

Quelques règles, toujours les mêmes, à ancrer jusqu’à ce qu’elles deviennent des réflexes :

  • Se rapprocher. Plus la personne est loin de vous, plus votre dos souffre. Collez-vous à elle avant tout effort.
  • Élargir sa base. Écartez les pieds, un pied légèrement avancé : un appui stable, c’est un dos protégé.
  • Plier les genoux, garder le dos droit. On soulève avec les jambes, pas avec le dos. Le dos reste gainé, dans l’axe, jamais courbé ni tordu.
  • Ne pas tourner le tronc. Pour changer de direction, pivotez avec les pieds, jamais en vrillant la colonne. La torsion sous charge est l’ennemie numéro un des lombaires.
  • Faire participer la personne. Elle a souvent plus de ressources qu’on ne croit. Annoncez le mouvement, comptez ensemble « 1, 2, 3 » : elle pousse sur ses jambes, vous accompagnez.
  • Glisser plutôt que porter. Pour remonter ou tourner quelqu’un dans son lit, un drap ou une alèse de glisse permet de le faire glisser au lieu de le soulever.

Ce qui doit vous alerter

Certaines situations ne se gèrent pas seul, et vouloir « y arriver quand même » est le meilleur moyen de se blesser.

Si la personne ne participe pas du tout, si elle est lourde, si elle risque de se laisser tomber ou de s’agripper brutalement : on ne porte pas seul. On attend un renfort, on se coordonne avec un autre intervenant, ou on utilise un lève-personne. Ce n’est pas un manque de courage. C’est du bon sens.

Et rappelez-vous : votre dos ne prévient pas toujours avant de céder. Le « je le fais vite fait tout seul » de trop est parfois celui qui vous met à l’arrêt pour des semaines.

La bonne technique, ça s’apprend vraiment

Ces principes tiennent en quelques lignes, mais rien ne remplace une vraie mise en pratique. Pour les professionnels, des formations existent (gestes et postures, PRAP). Pour les aidants, un ergothérapeute ou un kinésithérapeute peut montrer, à domicile, les bons gestes adaptés à votre proche et à votre logement.

Une heure à apprendre les bons réflexes peut vous épargner des années de douleurs. C’est probablement le meilleur investissement que vous puissiez faire pour votre dos — et pour continuer à aider, longtemps.


Information générale à jour 2026, ne constitue pas un avis médical. Sources : INRS (manutention manuelle, aides techniques, formation PRAP) ; Assurance Maladie. Pour un apprentissage adapté, sollicitez un ergothérapeute, un kinésithérapeute ou une formation gestes et postures. — Synergie Soins® · HOP’Synergie

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