Le Ségur du numérique en santé revient sans cesse dans les échanges entre structures, infirmières et éditeurs de logiciels. Derrière le mot, une ambition claire — et surtout un périmètre précis, qu’il faut comprendre pour ne pas se tromper d’outil.
Le Ségur, en clair
Piloté par l’Agence du Numérique en Santé, le Ségur vise à généraliser le partage sécurisé des données de santé autour de « services socles » : Mon espace santé (le dossier médical partagé), la messagerie sécurisée MSSanté, l’Identité Nationale de Santé (INS) et l’interopérabilité des documents (référentiel CI-SIS). Pour le médico-social et le domicile, la brique centrale est le DUI — Dossier Usager Informatisé, référencé Ségur et compatible Mon espace santé.
Le calendrier — et l’échéance qui approche
Après une première vague (2022-2025), la vague 2 pour le médico-social et le domicile a été lancée en mars 2026. L’objectif : qu’à l’horizon 2027-2028, les structures soient équipées d’un logiciel conforme et alimentent Mon espace santé, le déploiement devant se finaliser d’ici mars 2029. Une aide financière (de l’ordre de 3 500 € HT par structure) accompagne l’acquisition d’un DUI référencé. Autrement dit : ce n’est pas lointain, cela se joue maintenant.
Oui, des solutions sont déjà référencées
Contrairement à une idée reçue, il existe déjà des logiciels conformes. Pour le seul médico-social, la première vague a référencé plusieurs dizaines de DUI (environ 19 pour le champ personnes âgées / handicap / domicile), et une structure sur deux avait déjà commandé une solution mise à jour et financée par l’État. Le Ségur n’est donc pas une promesse en l’air : c’est un mouvement réel et engagé.
Mais ce que le Ségur structure, c’est le dossier
Attention au périmètre. Les solutions référencées sont des DUI : des outils côté structure, centrés sur le dossier de l’usager, son alimentation vers Mon espace santé et l’interopérabilité des documents. C’est essentiel — mais ce n’est pas la même chose que la coordination humaine du quotidien. Le Ségur organise la circulation du dossier et des échanges officiels ; il ne prétend pas gérer le tempo du domicile.
Ce que le Ségur ne traite pas : le quotidien qui bouge
Le DUI et le DMP ne disent pas qui est passé ce matin, que l’horaire de l’infirmière a glissé, que la toilette a été décalée par une prise de sang, ou qu’une auxiliaire n’a pas pu venir. Cette coordination-là — en temps réel, entre les intervenants et les aidants — reste aujourd’hui à la charge du téléphone et des SMS. C’est un besoin distinct, et complémentaire.
Où se situe Synergie Soins — et où il ne se situe pas
Soyons clairs, car la nuance compte : Synergie Soins n’est pas un DUI référencé Ségur, il n’alimente pas Mon espace santé et il ne remplace pas l’obligation d’adopter, à terme, un logiciel conforme. Il agit sur l’espace que le Ségur laisse ouvert : la coordination du quotidien entre les acteurs du domicile et les proches, dans un cadre conforme au RGPD et à la certification HDS, données hébergées en France. Les deux ne s’opposent pas — le Ségur structure le dossier, Synergie Soins fluidifie le quotidien.
Comprendre le Ségur, c’est aussi savoir ce qu’il ne fait pas. Et sur le terrain, la coordination humaine, elle, peut progresser dès aujourd’hui — sans attendre 2029.
Sources : Agence du Numérique en Santé, Le Ségur du numérique en santé pour le social et le médico-social et Vague 2 : dispositifs et référencement ; ANS, bilan de la vague 1 médico-social ; TICsanté, « Médico-social : 19 logiciels de DUI référencés » ; programme ESMS numérique (CNSA).
↳ Comment fonctionne Synergie Soins ? (toutes les réponses)
↳ Ni to-do liste, ni dossier de soins : ce qu’est vraiment Synergie Soins
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