Et si l’absence ne coupait plus le lien ?

C’est aussi de cette réalité qu’est née Synergie Soins®.

Pas de l’idée qu’une infirmière en congé maternité devrait continuer à travailler.

Bien au contraire.

Une infirmière qui s’arrête doit pouvoir réellement s’arrêter.

Mais entre continuer à gérer son cabinet pendant son congé et disparaître totalement pendant plusieurs mois, il devrait exister une troisième possibilité : maintenir un lien sans maintenir une activité.

Car les patients et leurs familles sont profondément humains.

Lorsqu’ils savent que leur infirmière vient d’accoucher, qu’elle est en congé maternité, qu’elle traverse une période familiale importante ou qu’elle doit simplement se reposer, beaucoup n’oseront pas l’appeler.

Ils ne voudront pas déranger.

Ils attendront son retour.

Et dans l’immense majorité des situations, tout se passera parfaitement bien.

Mais parfois, la réalité aura profondément changé.

Une hospitalisation. Une perte d’autonomie. Une modification importante de l’organisation du domicile. L’arrivée d’un nouvel intervenant. Une difficulté rencontrée pendant le remplacement. Un proche devenu beaucoup plus présent. Ou, malheureusement, le décès d’un patient.

Et l’infirmière peut découvrir plusieurs mois plus tard qu’un parcours qu’elle connaissait parfaitement n’existe tout simplement plus de la même manière.

Garder une place sans rester joignable

C’est précisément la distinction que nous avons voulu créer avec Synergie Soins®.

L’infirmière référente reste clairement identifiée auprès du patient et de son entourage.

Lorsqu’elle s’absente, le professionnel qui assure le relais peut également être identifié.

La famille sait donc que son infirmière habituelle n’a pas disparu du parcours : elle est temporairement absente.

Et surtout, le lien ne dépend plus exclusivement d’appels téléphoniques, de SMS personnels, de mails ou de messages auxquels il faudrait répondre immédiatement.

L’information peut continuer à vivre dans l’espace de coordination du patient.

L’infirmière référente n’a pas besoin d’être dérangée. Elle n’a pas besoin de suivre quotidiennement son cabinet. Elle n’a pas besoin de continuer à exercer à distance.

Mais lorsqu’elle prépare son retour, elle peut retrouver un fil. Comprendre ce qui s’est passé. Identifier les évolutions importantes. Et reprendre progressivement sa place dans un parcours qui, lui, a continué pendant son absence.

La continuité ne devrait pas dépendre de la disponibilité permanente d’une personne

C’est finalement toute la philosophie de l’infirmière référente.

Reconnaître son rôle ne signifie pas la rendre indispensable à chaque instant.

Cela signifie au contraire identifier sa place suffisamment clairement pour permettre son absence.

Une professionnelle prend le relais. Les soins continuent. Les autres acteurs du domicile continuent d’intervenir. La famille sait à qui s’adresser.

Et l’infirmière référente peut prendre son congé sans devoir entretenir artificiellement sa présence par des appels réguliers aux patients.

Protéger l’IDEL, c’est aussi lui donner le droit de revenir

Nous avons beaucoup progressé sur la protection financière de la maternité des professionnelles libérales.

Mais la prochaine étape est peut-être ailleurs.

Permettre à une infirmière de partir sans disparaître. Permettre à une remplaçante de prendre pleinement sa place sans effacer celle de la titulaire. Permettre aux familles de continuer à communiquer sans avoir le sentiment de déranger. Permettre aux informations importantes de ne pas se perdre avec les changements de professionnels.

Et permettre, quelques semaines ou quelques mois plus tard, à l’infirmière de revenir sans avoir à reconstruire entièrement le lien avec les personnes qu’elle accompagnait.

C’est aussi pour répondre à cette réalité que Synergie Soins® a été créée.

Parce que derrière les organisations, les contrats, les remplacements et les droits sociaux, il y a des personnes.

Des patients qui s’attachent à leurs soignants. Des familles qui ne veulent pas déranger. Des remplaçants qui doivent pouvoir trouver leur place.

Et des infirmières qui devraient pouvoir devenir mères, devenir pères, tomber malades ou simplement prendre du repos sans avoir à choisir entre leur vie et la continuité des personnes qu’elles accompagnent.

La coordination ne devrait pas rendre l’infirmière prisonnière du maintien à domicile.

Elle devrait justement lui permettre de s’en absenter sereinement.

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