« TMS », c’est un sigle un peu froid. Derrière, il y a des douleurs très concrètes, que beaucoup de soignants et d’aidants connaissent : le dos qui bloque, l’épaule qui brûle la nuit, le poignet qui fourmille. Faisons le tour des principaux, simplement — et surtout, voyons comment les tenir à distance.
Les grandes familles de TMS
Le dos : lombalgie et lumbago. C’est le plus fréquent, et la première cause d’inaptitude avant 45 ans. Cela va de la raideur qui s’installe au « blocage » brutal en soulevant. Le disque intervertébral n’aime ni les charges lourdes, ni le dos penché en avant, ni la répétition.
Le cou : la cervicalgie. Tensions et douleurs de la nuque, souvent liées aux postures maintenues et au stress.
L’épaule : la tendinopathie de la coiffe des rotateurs. Les tendons de l’épaule s’irritent à force de gestes bras levés ou en tension — soulever, soutenir, repositionner. La douleur réveille souvent la nuit.
Le coude : l’épicondylite. Le fameux « tennis elbow », qui n’a rien de sportif ici : il vient des mouvements répétés de l’avant-bras et de la préhension.
Le poignet : le syndrome du canal carpien. Fourmillements, engourdissement des doigts, force qui diminue — lié aux gestes répétés et aux appuis prolongés.
Le point commun de toutes ces atteintes : elles ne viennent presque jamais d’un seul geste. Elles s’installent par la répétition, le port de charge et les postures contraignantes, souvent aggravés par la cadence et le froid.
Prévenir, c’est agir sur les causes
Puisqu’on connaît les causes, on sait où agir. La prévention tient en quelques principes solides.
Réduire la charge portée. C’est le levier numéro un : lit à bonne hauteur, lève-personne, drap de glisse, transferts à deux. Chaque kilo qu’on ne porte pas est un kilo qui n’abîme pas.
Soigner la posture. Se rapprocher de la personne, plier les genoux plutôt que le dos, éviter les torsions du tronc, ne pas travailler à bout de bras. On en parle en détail dans un autre article de cette série.
S’échauffer et bouger. Le corps d’un soignant est un corps d’athlète qui s’ignore. Quelques minutes d’échauffement en début de tournée, une activité physique régulière qui renforce le dos et les abdominaux, changent réellement la donne.
Varier et récupérer. Alterner les gestes, ménager des micro-pauses, ne pas enchaîner dix transferts identiques sans répit. Le tendon a besoin de récupération.
S’écouter. Une douleur qui revient n’est pas un caprice : c’est un signal. La prendre au sérieux tôt, c’est éviter la blessure installée.
Et quand la douleur est déjà là ?
Un message essentiel, et contre-intuitif, porté par l’Assurance Maladie sur le mal de dos : « le bon traitement, c’est le mouvement ».
Longtemps, on a cru qu’il fallait s’aliter et attendre. On sait aujourd’hui l’inverse : le repos prolongé aggrave et prolonge la lombalgie. Rester actif autant que la douleur le permet, reprendre le mouvement en douceur, se faire accompagner par un kinésithérapeute : c’est ce qui favorise la guérison.
Cela ne veut pas dire « serrer les dents et continuer comme avant ». Cela veut dire ne pas se figer, et consulter quand une douleur persiste, s’intensifie, ou s’accompagne de fourmillements ou de perte de force.
Un corps qu’on entretient dure plus longtemps
Nos métiers usent le corps, c’est un fait. Mais l’usure n’est pas une fatalité : elle dépend énormément de ce qu’on met en place. Du matériel, de bons gestes, un peu d’échauffement, de l’écoute de soi — et l’on peut exercer longtemps, sans laisser son dos ou son épaule sur le bord de la route.
Prendre soin de son corps, quand on prend soin des autres pour vivre, ce n’est pas accessoire. C’est la base.
Information générale à jour 2026, ne constitue pas un avis médical. Sources : INRS (TMS, facteurs de risque) ; Assurance Maladie (« Mal de dos, le bon traitement c’est le mouvement »). En cas de douleur persistante, consultez votre médecin. — Synergie Soins® · HOP’Synergie
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