Beaucoup imaginent qu’un outil de coordination, c’est une liste de tâches à cocher — ou un dossier médical de plus. Synergie Soins n’est ni l’un ni l’autre. C’est un endroit pour noter, au même endroit, les besoins de la personne aidée et la réponse des professionnels. Pas pour dire à chacun ce qu’il doit faire : chaque professionnel le sait déjà. Mais pour que, le jour où il faut réajuster, tout le monde parte de la même base.
Le quotidien à domicile bouge tout le temps
Une simple prise de sang peut obliger à décaler l’heure de passage de l’infirmière. Une auxiliaire de vie a un planning, et il peut y avoir un arrêt de dernière minute. Les familles, elles, sont souples : elles s’adaptent. Ce qui épuise, ce n’est pas le changement — c’est l’attente sans information. Ne pas savoir si quelqu’un va venir, ni quand.
Personne n’est responsable — c’est justement pour ça qu’il faut s’organiser
On ne va pas blâmer un embouteillage, ni une intervention qui a duré plus longtemps que prévu. Ces aléas font partie du soin à domicile, ils ne sont la faute de personne. Mais pour travailler en équipe, en binôme, il faut s’organiser — et donc échanger. Non pas pour se justifier : pour s’informer.
Une plateforme unique, pas une to-do liste
Synergie Soins réunit au même endroit tous ceux qui gravitent autour de la personne aidée : infirmière, auxiliaire de vie, famille, autres intervenants. Chacun sait ce qu’il a à faire ; personne n’a besoin qu’on lui dresse la liste de ses tâches. Ce qui manquait, c’était un lieu unique où déposer l’information utile — un simple « je passe plus tard », « la prise de sang décale la toilette », « je ne pourrai pas venir ce matin ».
Le vrai intérêt : avoir une base pour réajuster
Noter ces informations peut sembler anodin. Mais le jour où tout doit être réajusté — un imprévu, un retour d’hospitalisation, un changement de traitement — on a une base commune pour agir, au lieu de reconstituer la journée à coups de téléphone. La réalité de chacun est différente ; autour d’un même patient, elle devient commune.
Coordonner, ce n’est pas contrôler, ni ajouter du travail à des professionnels qui savent déjà le leur. C’est se donner un langage commun pour que l’attente sans information ne pèse plus — ni sur les familles, ni sur les équipes.
Une notion déjà reconnue par les institutions
L’idée d’un « cercle » autour de la personne n’a rien d’un slogan. L’Agence du Numérique en Santé (ANS) a formalisé dès 2020 la notion de cercle de soins, qu’elle définit comme « le regroupement de personnes, professionnels et structures intervenant dans la prise en charge de la personne ». Fait notable : ce cercle inclut explicitement l’équipe de soins, mais aussi les aidants, la personne de confiance et les représentants légaux — exactement la logique de Synergie Soins. L’ANS précise qu’il n’existe pas encore de définition juridique du terme ; c’est une notion de référence du numérique en santé, également reprise par des dispositifs régionaux de coordination.
Le partage d’information entre ces intervenants, lui, est déjà encadré par la loi. Le code de la santé publique reconnaît la notion d’équipe de soins (article L1110-12, créé par la loi du 26 janvier 2016) et organise le secret partagé entre ses membres (article L1110-4) : l’information utile au soin peut circuler entre les professionnels qui prennent en charge un même patient. C’est ce cadre que Synergie Soins respecte, avec des données hébergées en France chez un hébergeur agréé HDS.
Enfin, coordonner le domicile n’est pas une lubie d’éditeur : c’est une priorité de santé publique expérimentée puis généralisée. Dans le cadre du dispositif « Article 51 » (loi de financement de la Sécurité sociale 2018), les dispositifs renforcés d’accompagnement au domicile (DRAD), lancés en 2020, ont été généralisés au 1er janvier 2024 sous forme de Centres de Ressources Territoriaux (CRT), pour permettre aux personnes âgées de vieillir chez elles plutôt qu’en établissement. La coordination des intervenants du domicile est au cœur de ces dispositifs.
Sources : Agence du Numérique en Santé, « Le cercle de soins » (2020) ; code de la santé publique, art. L1110-4 et L1110-12 (Légifrance) ; dispositif Article 51 – LFSS 2018 (ARS) ; DRAD généralisés en Centres de Ressources Territoriaux (2024).
↳ Comment fonctionne Synergie Soins ? (toutes les réponses)
↳ Je rêve qu’on puisse enfin se coordonner autour de ceux qu’on aime
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